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22 juillet 2021

Le restaurant de l'amour retrouvé

Le restaurant de l'amour retrouvé / Ito Ogawa(trad du japonais Myriam Dartois-Ako) - Philippe Picquier poche, 2015 - 253 p. ; 8€     (offert par V., merci)

lerestaurant«…Ma voix était devenu transparente... Elle avait purement et simplement disparu de mon organisme. Comme quand on baisse le volume de la radio à zéro. La musique et les voix vibraient en moi, mais rien ne sortait. J'avais perdu ma voix. Ca ne me manquait pas. J'avais l'impression que mon corps s'était allégé.»

Elle a vingt-cinq ans, elle travaille en ville dans un restaurant, au Japon. Elle perd sa voix à la suite du départ brutal de son amoureux. Sans un sou, le moral à zéro, à contre-coeur, avec comme seul bien une jarre de saumure qui lui vient de sa grand-mère, elle repart vivre à la campagne chez sa mère, femme fantasque avec qui elle n'avait pas trop d'atomes crochus. En échange de quelques services (entre autre nourrir sa cochonne apprivoisée, Hermès) sa mère lui permet cependant de réaliser son rêve : ouvrir un restaurant, qu'elle nomme "L'Escargot". Cuisiner est sa passion et elle s'emploie à préparer avec amour des repas pour rendre les gens heureux.

« Ma mésentente avec ma mère était précisément cette boue en moi, mais si je demeurais sereine, elle ne salirait pas tout mon coeur. Donc, je faisais en sorte d'éviter ma mère le plus possible. En un sens, je m'appliquais à ignorer sa présence. J'étais convaincue que c'était là le seul moyen de garder le coeur pur. »

Doux récit très sensuel, tout en émotion et en retenu. ça donne envie de cuisiner et surtout de manger dans son restaurant ! En fait, je l'avais déjà lu !

Ce roman est un festin délicat. A lire !

 

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18 juillet 2021

La nuit des temps

La nuit des temps /Barjavel - Pocket, 1968 - 409 p.     (offert pas Corinne, merci !)

lanuitdestempsEn Antarctique, au cours d'une mission scientifique, Simon et ses collègues perçoivent un son très faible à plus de 900 mètres sous la glace. Y aurait-il une vie ? Une expédition internationale se met alors en place et la découverte qui en résulte (transmise en direct sur toutes les chaînes mondiales) va ébranler les fondements et les croyances de notre civilisation.

Je n'en dis pas plus... Très beau récit, histoire d'amour et d'aventure mais aussi cri d'alarme qui résonne fortement en ces temps fort préoccupants.

Conscient des enjeux géopolitiques de son époque, l'auteur, à travers la chute du Gondawa, met en garde contre l'apocalypse nucléaire. Eléa raconte que « la troisième guerre » entre le Gondawa et son rival Enisoraï a provoqué 800 millions de victimes en une heure de conflit. Ce chef-d'œuvre de la science-fiction française, écrit il y a 50 ans, n'a pas pris une ride !

A lire !!

"Le Dr Simon, les mains dans les poches, le front appuyé au mur de verre de sa chambre, regarde Paris, sur lequel le jour se lève. C'est un homme de trente-deux ans, grand, mince, brun. Il est vêtu d'un gros pull à col roulé, couleur pain brûlé, un peu déformé, usé aux coudes, et d'un pantalon de velours noir. Sur la moquette, ses pieds sont nus. Son visage est mangé par les boucles d'une courte barbe brune, la barbe de quelqu'un qui l'a laissée pousser par nécessité. À cause des lunettes qu'il a portées pendant l'été polaire, le creux de ses yeux apparaît clair et fragile, vulnérable comme la peau cicatrisée d'une blessure. Son front est large, un peu caché par les premières boucles des cheveux courts, un peu bombé au-dessus des yeux, traversé par une profonde ride de soleil. Ses paupières sont gonflées, le blanc de ses yeux est strié de rouge. Il ne peut plus dormir, il ne peut plus pleurer, il ne peut pas oublier, c'est impossible..."

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17 juillet 2021

L'abandon des prétentions

L'abandon des prétentions / Blandine Rinkel - Fayard, 2017 - 239 p. ; 18€ (prêté par Gwen, merci !)

l'abandondes prétentionsJeanine écrit des sentences, des phrases de vie sur des post-it qu'elle affiche partout. Elle marche aussi, chaque jour, et elle chante. Il faut dire qu'elle a le temps, elle est à la retraite, elle habite à Nantes. Au cours de ses déambulations, elle fait des rencontres. Sa porte est toujours ouverte pour accueillir l'inconnu en galère - un syrien fuyant son pays, un reprise de justice, une mythomane espagnole... C'est une gentille. un peu spéciale. toujours de bonne humeur. Qui consacre sa vie aux autres. C'est sa fille qui écrit. Elle regarde ce petit monde et sa mère afin de la connaître mieux, de la comprendre. Précision, tendresse "détachée", cruauté parfois.

L'écriture est simple et fouillée à la fois, comme si la narratrice fouillait dans sa mémoire mais aussi dans la vie que sa mère donne à voir. Bel exercice de style (même s'il semble un peu pédant par moment). C'est un premier roman très prometteur.

J'ai été émue par cette femme courageuse. A lire !

« Qu’est-ce qu’une vie réussie ? » Au bic, Jeanine recopie la question sur un post-it, puis, comme chaque jour, part marcher. Croisant, au cours de ses dérives, divers visages : un architecte syrien fuyant son pays, un danseur étoile moscovite, une mythomane espagnole…
Ne sous-estime-t-on pas, d’ordinaire, l’amplitude des voyages intérieurs suscités par ces rencontres fortuites ? 
Sans doute fallait-il, pour en prendre la mesure, le regard d’un proche. C’est sa fille qui dresse le portrait de cette femme de soixante-cinq ans, en autant de fragments, composant un kaléidoscope où se confondent le monde et une mère."

Née en 1991, Blandine Rinkel écrit pour divers médias (Le matricule des anges, France Inter,  Citizen K, Gonzai…) et collabore au mouvement Catastrophe. L’abandon des prétentions est son premier roman.

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La Quête

La Quête (ou éventuellement un titre bien meilleur) / Anne Depetrini - Flammarion, 2021 - 190p. ; 18€ (prêté par Annie, merci !)

laQuêteAnne Depetrini, animatrice, comédienne, scénariste et réalisatrice signe ici son premier livre dans lequelelle raconte avec humour et distance, les différentes approches qu'elle a tentées pour "une vie meilleure". Elle en profite pour donner quelques coups de griffe par çi par là mais nous parle aussi de son vécu, de son enfance, peut-être pour expliquer le besoin de cette quête.

Humour, tendresse, joie de vivre sont au rendez-vous de ce petit livre sans prétention. Parfois on sourit, parfois on s'y reconnaît car, comme elle, on n'est pas dupe ;-) mais c'est tout de même bien léger pour un bouquin !

« Si je devais faire un graphique de ma recherche en terre ésotérique, il se superposerait directement à mon parcours amoureux. Autant pour ce qui est du travail, je sais ce que je veux, je sais où je vais et pourquoi, je sais gérer les imprévus, surmonter les obstacles… Autant en amour, je suis aussi démunie qu’un chat sans poils dans une forêt en Sibérie. Je ne sais rien, je ne comprends rien et je ne tire absolument aucune leçon de l’histoire."

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13 juillet 2021

La terre bénie

La terre bénie- La saga des émigrants, tome 3 / Wilhelm Moberg (trad. du suédois Ph. Bouquet) - Livre de poche, 2018 (1ère éd. 2003) - 602 p. ; 8.90€

laterrebénie1850. Après un voyage éprouvant, le Charlotta entre dans le port de New York. Après un voyage à travers ce nouveau pays, voici la famille de Kristina et Karl Oskar qui s'installe au bord du lac Ki-Chi-Saga (Minnesota), non loin des autres membres du petit groupe suèdois. Ce volume nous raconte leur installation et leurs difficultés à vivre sur cette nouvelle terre inconnue, fertile mais aussi dangeureuse.

"(...) Lorsque Kristina écoutait ces bruits bizarres montant du camp indien, là-bas sur l'île, elle était prise de pitié pour ces paiens. Elle avait peur des hommes bruns, mais il ne fallait pas oublier qu'ils n'étaient pas chrétiens, ils ne connaissaient pas leur Créateur et ne savaient pas la différence entre le bien et le mal. Ils vivaient dans les ténèbres, du mieux que le leur permettait leur entendement très limité : qui pouvait reprocher quoi que ce soit à ces pauvres gens ? Elle ne sentait pas en mesure de les juger. Elle pouvait seulement être reconnaissante de ne pas être née parmi eux. Au voisinage de ces sauvages, elle devait s'en remettre à la grâce de Dieu."

Récit écrit avec honnêteté et avec coeur. Même si ce volume-là traîne un peu en logueur, je reste fidèle à cette saga depuis mon voyage en Suède et j'attends la suite. à lire !

L'auteur : "Wilhelm Moberg est né en Suède en 1898 et mort en 1973. Son oeuvre de romancier et d'essayiste (il est encore aujourd’hui l’un des dramaturges suédois les plus joués) est marquée par le souci d’inscrire la destinée de personnages quasi-réels dans leur contexte social et historique. Ses récits de village ou ses romans épiques ont valeur documentaire. Avec La saga des émigrants, élu meilleur roman suédois du XXe siècle, il est au sommet de son art, mêlant peinture sociale et chaleureuse épopée humaine". Il se rattache au courant des "écrivains prolétaires" (presque tous autodidactes et tournés vers l'autobiographie et le roman populiste), qui se développe en Suède dans les années 1930.

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07 juin 2021

L'école des soignantes

L'école des soignantes / Martin Winckler - P.O.L.,2019 - 501 p.  (offert par Corinne, merci !)

l'école des soignantesNous sommes en 2034. Le Centre hospitalier de Tourmens Chht en France est un hôpital public qui soigne tout le monde avec une approche holistique, bienveillante, féministe, respectueuse et en intégrant les soignées dans les équipes à tous les niveaux (car celle qui vit la maladie peut en parler et comprendre et aider). Il n'y a pas non plus de hiérarchie chez les soignantes, chacune travaille et étudie selon ses propres besoins/envies. C'est d'ailleurs une apprenante, Hannah, qui nous raconte la vie dans cet établissement, moments de vie mais aussi de fatigue, de lutte, de doute (avec une grande maîtrise de la communication non-violente dans leurs rapports !). Et régulièrement, comme un choeur antique, reviennent les paroles de toutes les femmes opprimées de tous les continents et de toutes les époques.

C'est un récit d'anticipation mais on enrage quand même de voir que tout est possible et pourrait être réalisable dès maintenant !

Un livre qui m'a beaucoup plu, d'une profonde humanité (oui il y a une petite surcharge démonstrative mais comment faire autrement ?). C'est un roman engagé et courageux. Si ce n'est pas encore fait, lisez (peut-être avant) "le Choeur des femmes", "la maladie de Sachs", ...

"La première hiérarchie est celle du genre. Pour signifier qu'elle n'a pas de place dans les soins, tous les termes désignant les hôtes, le personnel de l'hôpital et les membres de l'école sont désormais employés au féminin ». Et au début de la lecture, ça fait bizarre !! Quelle belle idée réjouissante car c'est ce que je "préconise" depuis que l'on discutaille de la féminisation des noms, de l'écriture inclusive etc...  Très simple et facile : eh ben oui, on n'a qu'à tout mettre au féminin ! ça changerait de perspective pour les hommes qui ont grassement profité de la masculinisation en tous genres depuis fort fort longtemps et ce serait au tour des femmes de se sentir présentes ;-)

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05 juin 2021

L'été où je suis devenue vieille

L'été où je suis devenue vieille / Isabelle de Courtivron - L'iconoclaste, 2020 - 191 p. ; 17€ (bibli)

l'étéoùjesuis"Cet été-là, elle s'essouffle plus vite. De plus en plus, dans le bus ou le métro, on lui cède une place assise. Elle se met à voir des jeunes partout, tout le temps. Ce qui lui arrive ? L'âge. Cet été-là, elle est devenue vieille".

Entre humour et nostalgie, voici un petit récit honnête et lucide sur le vieillissement. Arrive un moment où l'on prend conscience que l'on a basculé dans une autre dimension. A chacun des petits renoncements, on se dit désormais : "est-ce que c'est provisoire ou est-ce que je ne pourrais plus jamais faire ça " ? On entend parler d'un évènement qui aura lieu en... et on calcule... et on constate : "ah ben je ne serai plus là"...On ne partage plus l'insouciance et la spontanéité qui nous étaient si chères.

Certains chapitres de ce livre m'ont touchés car ils parlent à peu près d'une même époque de jeunesse ; je me suis moins sentie concernée par d'autres, mais j'ai aimé réconforter et sourire à cette lecture qui me rappelle que je ne suis pas seule dans ce train, tout le monde vieillit... c'est ça ou être mort  ;-) A lire !!

Essayons surtout de ne pas sombrer dans les regrets et les peurs ! Renouvellons chaque une ode à la joie des petits bonheurs tant que c'est possible : une fleur qui s'ouvre, un oiseau qui chante, des amis, un bon repas, une lecture enrichissante, une balade...  que de belles raisons de profiter encore joyeusement de la vie !! pas besoin d'aller à l'autre bout du monde ou de faire du parapente ! hi hi !!

La vieillesse est-elle plus facile à vivre quand on est (né) d'un milieu "privilégié" intellectuellement et socialement ?Je vous laisse y réfléchir..

L'autrice a 73 ans. Elle a beaucoup voyagé dans sa vie, milité pour les droits de la femme,  fait partie du MLF, a été professeur de lettres aux Etats-Unis.

 

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Soif

Soif / Amélie Nothomb - Le Livre de poche, 2021     (prêté par Odile, merci !)

soifLa passion racontée par Jésus lui-même.

ça va être rapide... désolée, il m'est tombé des mains. Je l'ai lu aux 3/4 dans la salle d'attente et puis j'ai calé, pas réussi à re-rentrer dedans, ça m'ennuyait. Pourtant le sujet était intéressant. Pourtant, j'avais envie de le lire  ;-)

"On n’apprend des vérités si fortes qu’en ayant soif, qu’en éprouvant l’amour et en mourant : trois activités qui nécessitent un corps."

à vous de vous faire votre opinion (et de nous la partager !)

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28 mai 2021

Trois

Trois / Valérie Perrin -Albin Michel, 2021 - 665 p. ; 21.90€     (prêté par Fabienne, merci !)

TroisIls sont trois : Adrien, Nina et Etienne. Depuis le CM1, ils ne se quittent plus mais la vie adulte va les séparer. Vont-ils réussir à se retrouver ? Chacun trimballe des secrets, des grosses gamelles et des coeurs brisés. Intrigue, rebondissements, amours, amitiés, tout y est ;  genre, violences contre les femmes, abandon, alcool... tous les thèmes qui traversent notre société se retrouvent dans ce roman foisonnant. Tout ? C'est justement ça qui me dérange... Tout c'est trop tout..  et c'est gros comme une maison. Et du coup, je ne peux pas y croire !

Je l'ai lu avec plaisir cependant car c'est une écriture habile qui nous capte, avec parfois une phrase qui fait boum. (mais j'avais un peu hâte de le finir ;-)

Lecture d'été, comme une série télé que l'on regarde tout en sachant que l'on a mieux à faire !!

 

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23 mai 2021

Le consentement

Le consentement / Vanessa Springora - Grasset, 2020 - 205 p. ; 18€           (bibli)

le consentementL'éditeur présente très bien ce livre sur son site :

"Au milieu des années 80, élevée par une mère divorcée, V. comble par la lecture le vide laissé par un père aux abonnés absents. À treize ans, dans un dîner, elle rencontre G., un écrivain dont elle ignore la réputation sulfureuse. Dès le premier regard, elle est happée par le charisme de cet homme de cinquante ans aux faux airs de bonze, par ses œillades énamourées et l’attention qu’il lui porte. Plus tard, elle reçoit une lettre où il lui déclare son besoin «  impérieux  » de la revoir. Omniprésent, passionné, G. parvient à la rassurer : il l’aime et ne lui fera aucun mal. Alors qu’elle vient d’avoir quatorze ans, V. s’offre à lui corps et âme. Les menaces de la brigade des mineurs renforcent cette idylle dangereusement romanesque. Mais la désillusion est terrible quand V. comprend que G. collectionne depuis toujours les amours avec des adolescentes, et pratique le tourisme sexuel dans des pays où les mineurs sont vulnérables. Derrière les apparences flatteuses de l’homme de lettres, se cache un prédateur, couvert par une partie du milieu littéraire. V. tente de s’arracher à l’emprise qu’il exerce sur elle, tandis qu’il s’apprête à raconter leur histoire dans un roman. Après leur rupture, le calvaire continue, car l’écrivain ne cesse de réactiver la souffrance de V. à coup de publications et de harcèlement.
«Depuis tant d’années, mes rêves sont peuplés de meurtres et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence  : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre » écrit-elle en préambule de ce récit libérateur.

Plus de trente ans après les faits, Vanessa Springora livre ce texte fulgurant, d’une sidérante lucidité, écrit dans une langue remarquable. Elle y dépeint un processus de manipulation psychique implacable et l’ambiguïté effrayante dans laquelle est placée la victime consentante, amoureuse. Mais au-delà de son histoire individuelle, elle questionne aussi les dérives d’une époque, et la complaisance d’un milieu aveuglé par le talent et la célébrité."

Récit d'une grande force, écrit par une femme courageuse ! A lire !

 

 

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