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18 novembre 2019

Avant que les ombres s'effacent

Avant que les ombres s'effacent / Louis-Philippe d'Alembert - Sabine Wespieser, 2017 - 290 p. ; 21€  (bibli)

avantquelesombress'effacentLe docteur Ruben Schwarzberg, né Łódź en 1913 dans une famille juive polonaise, a traversé bien des épreuves (Berlin, Paris..)avant d'arriver à Port-au-Prince en Haiti, grâce à un décret datant de 1939. C'est en prologue que l'on apprend "le vote par l’État haïtien, en 1939, d’un décret-loi de naturalisation in absentia, qui a autorisé ses consulats à délivrer passeports et sauf-conduits à des centaines de Juifs, leur permettant ainsi d’échapper au nazisme."

Récit sans pathos, écrit avec tendresse et humour de cette trajectoire de vie éclatée par le nazisme et la reconstruction dans un pays si différent.

Cette histoire rappelle aussi ce que vivent les migrants en ce moment et l'importance pour tous de trouver une terre d'accueil.

"L'allemand en Ruben avait du mal à cerner cette insouciance que Roussan partageait avec beaucoup de ses compratriotes (haïtiens), une approche si frivole de la vie que même hier semblait incertain." j'adore cette phrase, elle me file la pêche !!

"S'il avait accepté de revenir sur cette histoire, c'était pour les centaines, les millions de réfugiés qui, aujourd'hui encore, arpentent déserts, forêts et océans à la recherche d'une terre d'asile. Sa petite histoire personnelle n'était pas, par moments, sans rappeler la leur. Et puis, pour les Haïtiens aussi. Pour qu'ils sachent, en dépit du manque matériel dont ils avaient de tout temps subi les préjudices, du mépris trop souvent rencontré dans leur errance, qu'ils restent un grand peuple."

"Il n'avait rien contre Le Havre, dont il entendait parler pour la première fois de sa vie. La faute d'ailleurs aux français, qui, à l'étranger, n'ont que Paris à la bouche, comme s'il n'existait pas d'autre ville dans leur pays, ou qu'ils avaient honte de ce qu'ils appellent la province ; exception faite des Bretons, mais eux, c'est spécial, ils ne parlent jamais que de la Bretagne." (hi hi !!)

A lire !

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Beauté fatale

Beauté fatale - Les nouveaux visages d'une aliénation féminine / Mona Chollet - La Découverte/Poche, 2015 - 288 p. ; 9.50€   (bibli)

beautéfataleCet ouvrage est un essai. "Autant l'admettre : dans une société où compte avant tout l'écoulement des produits, où la logique consumériste s'étend à tous les domaines de la vie, où l'évanouissement des idéaux laisse le champ libre à toutes les névroses, où règnent à la fois les fantasmes de toute-puissance et une très vieille haine du corps, surtout lorsqu'il est féminin, nous n'avons quasiment aucune chance de vivre les soins de beauté dans le climat de sérénité idyllique que nous vend l'illusion publicitaire." (M.C) 4ème de couv. : "Soutiens-gorge rembourrés pour fillettes, obsession de la minceur, banalisation de la chirurgie esthétique, prescription insistante du port de la jupe comme symbole de libération : la « tyrannie du look » affirme aujourd’hui son emprise pour imposer la féminité la plus stéréotypée. Décortiquant presse féminine, discours publicitaires, blogs, séries télévisées, témoignages de mannequins et enquêtes sociologiques, Mona Chollet montre dans ce livre comment les industries du « complexe mode-beauté » travaillent à maintenir, sur un mode insidieux et séduisant, la logique sexiste au cœur de la sphère culturelle.
Sous le prétendu culte de la beauté prospère une haine de soi et de son corps, entretenue par le matraquage de normes inatteignables. Un processus d’autodévalorisation qui alimente une anxiété constante au sujet du physique en même temps qu’il condamne les femmes à ne pas savoir exister autrement que par la séduction, les enfermant dans un état de subordination permanente. En ce sens, la question du corps pourrait bien constituer la clé d’une avancée des droits des femmes sur tous les autres plans, de la lutte contre les violences à celle contre les inégalités au travail".

Essai copieux, très documenté et passionnant. Facile à lire, avec des touches d'humour, ce n'est pas de refus. J'ai appris beaucoup de choses (par exemple sur l'ampleur de la chirurgie esthétique !). On passe en revue tous les thèmes de l'assujettissement de la femme à un "modèle" inaccessible et conçu pour plaire aux hommes. Une chose cependant, elle s'est beaucoup appuyée sur les top modèles, les mannequins, les actrices, ce qui est logique quand on parle de l'économis du secteur de la beauté mais j'aurais aimé que soit développé un peu plus les conséquences de ces diktats sur Mme tout le Monde.

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14 novembre 2019

Le nouveau

Le nouveau - Othello revisité / Tracy Chevalier (trad.de l'anglais (EU) par David Fauquemberg - Phébus, 2019 - 219 p. ; 19€     (prêté par Frédé, merci !)

lenouveau Unité de temps et de lieu, le drame se joue sur une journée, principalement dans une cour d'école à Whashington dans les années 70. Le nouveau s'appelle Osei,il est fils de diplomate ghanéen. Dee, la fille la plus populaire de l'école va avoir un coup de foudre pour lui, mais c'est sans compter sur le racisme et les jalousies...

"Suivant les règles de la tragédie ­classique, Le Nouveau se tient en cinq ­actes, le temps d’une journée de juin 1974. Malgré la promulgation, dix ans plus tôt, du Civil Rights Act, rendant illégales les discriminations de race, de couleur et de religion, ­accueillir un enfant noir dans une école WASP (White Anglo Saxon Protestant) de Washington demeure une ­incongruité…" (LM)

L'écriture et la construction du récit,  mécanique bien huilée, nous mène implacablement au drame (shakespearien). Jalousie, trahison, différence.

Ce livre a sa place dans les CDI de lycée (et pour les 3èmes). Il illustre bien le racisme ordinaire aux Etats Unis à cette époque. Une chose m'a gênée : au niveau de la traduction, ils ont situé l'intrigue en... CM2 (!) pour moi, ce n'est pas crédible.

"Dans une certaine mesure, le racisme manifeste était plus facile à gérer. C'étaient les remarques détournées et les actes ambigus qui le blessaient le plus. Les enfants qui étaient gentils avec lui, à l'école, mais ne l'invitaient jamais à leur fête d'anniversaire, même quand toute la classe y était conviée. Les discussions qui s'interrompaient dès qu'il entrait dans une pièce, cette cause imperceptible causée par sa simple présence. Les remarques qu'on faisait, suivies de cette précision : "Oh, mais je ne parle pas de toi, Osei. Toi, tu es différent." Ou bien les commentaires du genre : "Il est noir mais il est intelligent", et l'incapacité des autres à comprendre que c'était insultant." p.203 et 204

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11 novembre 2019

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"Qu'est-ce qu'un livre si nous ne l'ouvrons pas ? Un simple cube de papier et de cuir avec des feuilles ; mais si nous le lisons, il se passe quelque chose d'étrange, je crois qu'il change à chaque fois."

Jose Luis Borges, Sept nuits, 1980

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10 novembre 2019

Les gratitudes

Les gratitudes/ Delphine de Vigan - JC Lattès, 2019 - 172 p. ; 17€ (prêté par Caro. merci !)

gratitudes« Aujourd’hui, une vieille dame que j’aimais est morte ».

Michka perd ses mots peu à peu, ainsi que sa mobilité. Elle ne peut plus rester seule chez elle et doit donc aller en EPHAD. C'est Marie, sa voisine, qui l'accompagne et la soutient dans ce difficile changement fait de tous les renoncements.. et l'on sait une fois que l'on y rentre, le déclin s'accélère. "Ici, attendre est une occupation à part entière". Pourtant Jérôme, l'orthophoniste vient la faire "travailler" chaque semaine."Vous savez, dans mes rêves, les mots ne manquent pas. Dans mes rêves, je parle très bien." Entre Jérôme et Michka se tisse aussi une belle relation car Michka est fine et comprend beaucoup de choses. Elle renvoie Jérôme, ainsi que Marie, à leurs propres zones d'ombres. Cependant, un lourd regret hante Michka, celui de ne pas avoir pu remercier le couple qui l'a accueillie et cachée pendant la guerre. Va-t-elle trouver la paix avant de quitter cette vie ?

Récit délicat et touchant. Personnages attachants, généreux et respectueux les uns envers les autres. (On aimerait que ce soit comme ça plus souvent dans la vraie vie !). De la tendresse, de la tristesse et de l'humour aussi car certaines "erreurs" de mots de Michka sont drôles et tombent à propos. Lecture facile et agréable. J'ai bien aimé.

Après les loyautés, les gratitudes, on attend la suite..

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09 novembre 2019

Miss Islande

Miss Islande / Audur Ava Olafsdottir (trad. de l'islandais par Eric Boury) - Zulma, 2019 - 261p. ; 20.50€ (bibli)

miss islande1942. Dans la vallée du Dalir, naissance de la petite Hekla, du nom d'un volcan car son père est obsédé par les volcans. Sa mère proteste :" pas un nom de volcan et encore moins de la bouche de l'enfer". Pour son père, elle est née trop tôt  car quatre ans et demi après cette naissance, l'Hekla entra en éruption après deux cents ans de sommeil.     A vingt ans, Hekla quitte la ferme et part à Reykjavik. Elle sera écrivain. En 1963 en Islande, seuls « les hommes naissent poètes » . Aux femmes, on propose de briguer le titre de «Miss Islande» ou d’endosser le rôle de bonne épouse et de bonne mère. Elle écrit sur sa petite Remington. Il faut bien manger et vivre aussi alors elle fait des petits boulots, expérimente le regard des hommes, refuse de s'y soumettre. Il y a aussi l'amour, l'amitié. Il y a Isey, sa grande amie, mariée et mère de famille qui tourne en rond dans sa vie et écrit en cachette car son mari ne comprendrait pas qu'elle perde son temps à ça. Il y a Jon John Johnsson, son ami, qui rêve d'être couturier mais qui part en campagnes de pêche subir les intempéries et surtout la cruauté des autres matelots car il n'est pas comme eux. Il y a le poète, son amant, poète qui n'arrive pas à écrire, qui passe son temps au bistrot des poètes, mais elle non, elle n'y a pas sa place, c'est une femme. Elle va finalement le quitter (son poète) pour rejoindre Jon John à l'étranger (Copenhague) en y espérant une vie plus libre. La fin est malheureusement poignante et révoltante.

et les titres de chapitres qui fracassent le coeur : "entre ta concience et mes lèvres", "c'est la vérité mais pas forcément la réalité", "suis-je assez loin de chez moi pour pleurer"

"J’ai lu le poème de Sylvia Plath que tu m’as envoyé et je te jure qu’il m’a transformée , je ne suis plus la même , ce texte parle de moi . Il est tellement étrange et beau , merci de me l’avoir traduit , depuis je n’arrive plus à penser à autre chose."

"Tu n’es pas un écrivain d’aujourd’hui Hekla , tu es un écrivain de demain . Ton père te l’as déjà dit , tu es née trop tôt."

Beau livre, hymne à la liberté, à la différence, à l'amour et à l'amitié. Beau roman d'émancipation. Récit simple, tout en délicatesse et en poésie.

A lire !

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08 novembre 2019

Virginia

Virginia / Emmanuelle Favier - Albin Michel, 2019 - 295 p. ; 19.90€ (bibli)

virginiaCeci est un roman. C'est aussi l'enfance de Virginia Stephen* (qui deviendra Virginia Woolf), dite Ginia, miss Jan. Enfance d'ennui  passée dans un manoir au fond de la sombre impasse. Naître fille à l'époque victorienne lui donne le mariage comme seul horizon. Tandis que les frères partent faire des études, les filles restent à la maison.  Sa soeur se consacre à la peinture, Virginia lit tous les livres de la bibliothèque paternelle et elle écrit... son journal, des lettres, mais elle doute et sans cesse le froid de la mélancolie insoutenable la cloue. Le temps goutte. Chaque année s'écoule lentement au fond de l'impasse.

"(..) elle s'ennuie. Ce sont les journée victorienne ordinaires, en attendant que la vraie vie commence, les journées coupées en quatre par les repas : lecture, repas, courses, repas, visites ou parc."(..) "Dès qu'elle cesse de lire, remontent les eaux noires, qui rendent tout si vain et si misérable." "Plus tard, Virginia vient d'avoir vingt ans, la vie se fait édouardienne. Et le temps clapote. Le temps goutte. Lent et pourtant irrattrapable."

En fin de chapitre, comme une fatalité, les feuilles tourbillonnent.

"Le temps présent ne se digère pas."

"Pour conjurer l'insoutenable désarroi de la pendule, Virginia fixe le blanc entre les chiffres puis de nouveau regarde sa belle main, le pouvoir de cette main, cette main intacte."

J'ai moi aussi été prise d'une certaine langueur à la lecture de ce livre. J'ai également enrichi mon vocabulaire, ex : cadratin, exuvie, apostropaïque... c'est toujours une délectation la rencontre de mots inconnus.

Très beau livre, écriture hypnotique, poétique et soutenue. Plongeon dans l'intime. A lire !

*Virginia Woolf, née Adeline Virginia Alexandra Stephen le 25 janvier 1882 à Londres et morte le 28 mars 1941 à Rodmell (Royaume-Uni)

Emmanuelle Favier, née le 27 février 19801, est une romancière, poétesse et nouvelliste française.

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01 novembre 2019

Poulets grillés

Poulets grillés / Sophie Hénaff - Livre de Poche, 2016 - 333 p. ; 7,30€

pouletsgrillésAnne Capestan, commissaire, est mise au placard du 36 Quai des Orfèvres pour faute grave. "On nettoie la police pour faire briller les statistiques (...) Alcoolos, brutes, dépressifs, flemmards, tout ce qui encombre nos services mais qu'on ne peut pas virer, on le rassemble dans une brigade et on l'oublie dans un coin. Sous votre commandement." "On aura des affaires à traiter ?" "Plein (...). Vous hériterez de la totalité des enquêtes non résolues."

Mais voilà, les choses ne vont pas se passer comme prévu...

Mélange de dérision, d'humour et de réalisme, ce polar se lit fort bien ! je vais aussi lire le suivant "Rester groupés"

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21 octobre 2019

Feel good

Feel good / Thomas Gunzig - Au Diable Vauvert, 2019 - 398 p. ; 20€   (bibli)

feelgoodAlice, une mère célibataire vendeuse dans un magasin de chaussures, vivote avec son superbe petit garçon de 8 ans, Achille. Un homme désabusé, écrivain raté, Tom, n'arrive pas à décoller vers le succès. La pauvreté (Alice perd son emploi), la précarité, la descente aux enfers... elle ne veut pas de ça pour son fils, il a le droit de bien vivre comme les autres ! Alors elle cherche une idée géniale pour avoir del'argent puisque le système ne remplit pas son rôle.Elle a une bonne idée de kidnapping... mais ça ne se passera pas comme prévu ! pPis elle a une idée formidable... je vous laisse la découvrir !

Le milieu éditorial est bien égratigné au passage, ainsi que cette société injuste et cruelle ! Il y a beaucoup de bonnes idées dans ce livre, des situations douloureuses et d'autres cocasses, on ne s'ennuie pas. On entre aussi dans le secret de la "création littéraire"... un roman en train de s'écrire... 

"C'est bien sûr un faux "Feel Good Book", mais un vrai roman au ton radical sur la violence sociale de notre époque. C'est aussi une satire du milieu littéraire par le biais du personnage de Tom, un "écrivain moyen"."

"C’est la peur! La peur du changement ! les gens comme ça, les gens qui ont des vies de riches ou bien des vies où tout va presque toujours bien, ils veulent qu’on leur raconte des histoires qui confirment l’état du monde, pas des histoires qui remettent en cause l’état du monde. Parce que le monde leur convient comme il est. Ils ne veulent pas qu’on leur parle de toute l’horreur du monde, ils ne veulent pas la moindre trace de doute dans les histoires qu’on va leur raconter, ils veulent qu’on leur dise que tout ira toujours bien, que pour eux rien ne changera jamais. Voilà le principe : le principe c’est qu’en te lisant, ces gens se disent : « Ah mais je pense exactement la même chose. » (extrait)

 

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Un long chemin

Un long chemin / Herbjorg Wassmo (trad. du norvégien par Luce Hinsch) - Gaïa, 2016 - 158 p.  (prêté par Anne, merci !)

unlongcheminTout au nord de la Norvège, en 1944, des gens résistent à l'occupation allemande. C'est le cas de cette famille, le papa, la maman et le petit garçon de cinq ans. Mais l'étau se resserre et ils doivent fuir. Traverser les montagnes pour gagner la Suède, pays neutre. Cette traversée, par -"30°, dans la neige va être une terrible épreuve. Ils vont subir le froid, le gel, la faim, la peur, le désespoir, l'épuisement et l'envie de renoncer.  Le récit, tout en retenu, est tiré d'une histoire vraie. L'auteur a voulu rendre hommage à tous ces gens ordinaires, aux hommes, aux femmes, aux enfants, qui ont payé un lourd tribut à la guerre et qui n'auront jamais de médaille ou de monument. Les héroïques de l'anonymat.

Très beau récit, sobre et émouvant, écriture pudique. En fait, quand j'ai commencé à le lire, je me suis aperçue que je l'avais déjà lu. Comme je ne m'en souvenais plus bien... (dans ces cas-là, ça me revient à mesure que je lis... pas vous ?), j'ai décidé de le re-lire et je ne suis pas déçue, j'ai à nouveau beaucoup aimé. A lire !

De cette auteure, vous pouvez lire aussi "le livre de Dina", "la trilogie de Tora" (et les autres !). Formidable !

Décidemment, j'aime les auteur(e)s nordiques ! (pour l'ambiance, beaucoup).

"Ensuite il revoit la cave à pommes de terre. Où ils sont assis . Et les prisonniers russes. Il les voit attraper les croûtons de pain – rapides comme l’éclair, et les cacher sous leurs capotes. Il sait qu’ils ont très peur. Mais ils le sont d’une drôle de manière ensommeillée.
Ils ne le montrent pas. Leurs yeux se détournent. Il n’arrive jamais à y lire la peur. Il sait seulement qu’elle existe.
Ceux qui habitent le long de la rivière et autour du pont que les Russes sont en train de construire font aussi partie de cette peur."

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