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30 août 2026

Donner à manger

 

Donner à manger - Politique d'un geste ordinaire / Joëlle Zask - Premier Parallèle, 2026 - 201 p. ; 17 €

Essai

 

« Il est impossible de penser la démocratie sans passer par la nourriture »

"La nourriture est la première pièce de l'édifice social. Tout part de là ou devrait en partir."

 

" Donner à manger " : ce geste omniprésent et simple en apparence engage notre responsabilité la plus fondamentale, celle de maintenir
l'autre en vie et de lui permettre de mener cette vie dignement. Simone Weil parlait d'une " obligation éternelle " ; avant la justice ou le respect, il y a le pain de l'autre. Pourtant, l'humanité est malade de son alimentation. Famine, malnutrition, obésité, nourriture dégradée : des millions de personnes meurent chaque année de ce qu'ils ne mangent pas, ou de ce qu'ils mangent trop.
Dans cet essai qui conjugue philosophie et enquête sur nos modes de vie, Joëlle Zask observe l'environnement moral et matériel de situations concrètes, du biberon à la distribution alimentaire en passant par les cantines scolaires et les lieux de soin pour personnes dépendantes, mais aussi les modes de production agricole. Elle se demande comment nourrir sans empoisonner, aider sans asservir, concilier nécessité et liberté. Car trouver la bonne manière de nourrir autrui, avance-t-elle, c'est s'orienter vers une société à la fois plus juste et plus démocratique. (4ème de couv.)

 

à écouter : 

https://www.arte.tv/fr/videos/131973-005-A/manger-pour-vivre/

 

 

J'ai trouvé cet ouvrage très intéressant et instructif ! La lecture est aisée et nous permet de réfléchir à la distinction entre alimentation et nourriture.

 

Joëlle Zask est professeure de philosophie à l’université Aix-Marseille et membre de l’Institut universitaire de France.

https://www.arte.tv/fr/videos/131973-005-A/manger-pour-vivre/

 

 

29 août 2026

Une unique lueur

 

Une unique lueur / Fred Vargas - Flammarion, 2026 - 522 p. ; 23 €

 

Un tueur en série défie Adamsberg et son équipe !

 

C'est cérébral, pas vraiment crédible mais tant pis !

 

Je continue à lire Fred Vargas pour son érudition (un tueur qui cite Gérard de Narval !), son humour, le désenchantement d'Adamsberg. Et même si cette fois-ci les autres membres de l'équipe ne sont pas trop mis en valeur, j'aime les retrouver. Quand même... les premiers titres étaient "vachement" mieux !!

 

  ça se lit vite, ça détend, j'ai bien aimé !!!

à lire !!!! 

 

"Adamsberg tourna la clef de contact et démarra, se massant d’une main l’estomac. Le café du rude Harold, Harold avec un H, lui avait donné un peu mal au ventre. Il y avait peut-être des tas de saloperies dans ces doses de café-machine. Il haussa les épaules et accéléra. Des tas de saloperies, il y en avait des milliers partout, jusque dans les vers de terre et les fleurs qu’on offre aux femmes pour faire plaisir. Les fleurs, pas les vers de terre. Encore qu’il aimerait bien qu’on lui en offre. Des vers de terre, pas des fleurs. Il les lâcherait dans son jardin pour leur faire plaisir. Aux fleurs, pas aux vers de terre. Puisque les vers de terre sont le plaisir des fleurs, et l’essence de toute vie sur Terre. "

 

29 août 2026

Sodome et Gomorrhe

 

Sodome et Gomorrhe - A la recherche du temps perdu, IV / Marcel Proust (éd. révisée et augmentée), préf. Antoine Compagnon - Folio classique, 2022 - 890 p.

 

"Au moment où paraissait «Le Côté des Guermantes I», s'adressant à un critique du journal le «Temps», Proust écrivait:
«C'est encore un livre «convenable». Après celui-là, cela va se gâter sans qu'il y ait de ma faute. Mes personnages ne tournent pas bien ; je suis obligé de les suivre là où me mène leur défaut ou leur vice aggravé». 
hi hi !!!

 

Quatrième volume de la "Recherche", paru entre 1921 et 1922. Comme le titre l'indique, celui-ci parle de "l'inversion sexuelle", du drame et du tabou que cela représente dans cette société corsetée.

 

Je n'en dirai pas plus.

J'ai toujours du plaisir à arpenter les ouvrages de cet auteur, ça se mérite, il faut du temps devant soi, il est vrai, mais quand on est plongé dedans, on n'en sort plus ! Quel talent !

 

A lire !!!! (si vous en avez l'envie, n'hésitez plus !)

 

wikipédia ; C'est dans Sodome et Gomorrhe que l'on trouve la plus longue phrase de La Recherche, elle comporte plus de 900 mots. (tout le plaisir est pour vous !!)

"Sans honneur que précaire, sans liberté que provisoire, jusqu’à la découverte du crime ; sans situation qu’instable, comme pour le poète la veille fêté dans tous les salons, applaudi dans tous les théâtres de Londres, chassé le lendemain de tous les garnis sans pouvoir trouver un oreiller où reposer sa tête, tournant la meule comme Samson et disant comme lui : « Les deux sexes mourront chacun de son côté » ; exclus même, hors les jours de grande infortune où le plus grand nombre se rallie autour de la victime, comme les Juifs autour de Dreyfus, de la sympathie — parfois de la société — de leurs semblables, auxquels ils donnent le dégoût de voir ce qu’ils sont, dépeint dans un miroir qui, ne les flattant plus, accuse toutes les tares qu’ils n’avaient pas voulu remarquer chez eux-mêmes et qui leur fait comprendre que ce qu’ils appelaient leur amour (et à quoi, en jouant sur le mot, ils avaient, par sens social, annexé tout ce que la poésie, la peinture, la musique, la chevalerie, l’ascétisme, ont pu ajouter à l’amour) découle non d’un idéal de beauté qu’ils ont élu, mais d’une maladie inguérissable ; comme les Juifs encore (sauf quelques-uns qui ne veulent fréquenter que ceux de leur race, ont toujours à la bouche les mots rituels et les plaisanteries consacrées) se fuyant les uns les autres, recherchant ceux qui leur sont le plus opposés, qui ne veulent pas d’eux, pardonnant leurs rebuffades, s’enivrant de leurs complaisances ; mais aussi rassemblés à leurs pareils par l’ostracisme qui les frappe, l’opprobre où ils sont tombés, ayant fini par prendre, par une persécution semblable à celle d’Israël, les caractères physiques et moraux d’une race, parfois beaux, souvent affreux, trouvant (malgré toutes les moqueries dont celui qui, plus mêlé, mieux assimilé à la race adverse, est relativement, en apparence, le moins inverti, accable qui l’est demeuré davantage) une détente dans la fréquentation de leurs semblables, et même un appui dans leur existence, si bien que, tout en niant qu’ils soient une race (dont le nom est la plus grande injure), ceux qui parviennent à cacher qu’ils en sont, ils les démasquent volontiers, moins pour leur nuire, ce qu’ils ne détestent pas, que pour s’excuser, et allant chercher, comme un médecin l’appendicite, l’inversion jusque dans l’histoire, ayant plaisir à rappeler que Socrate était l’un d’eux, comme les Israélites disent de Jésus, sans songer qu’il n’y avait pas d’anormaux quand l’homosexualité était la norme, pas d’antichrétiens avant le Christ, que l’opprobre seul fait le crime, parce qu’il n’a laissé subsister que ceux qui étaient réfractaires à toute prédication, à tout exemple, à tout châtiment, en vertu d’une disposition innée tellement spéciale qu’elle répugne plus aux autres hommes (encore qu’elle puisse s’accompagner de hautes qualités morales) que de certains vices qui y contredisent, comme le vol, la cruauté, la mauvaise foi, mieux compris, donc plus excusés du commun des hommes ; formant une franc-maçonnerie bien plus étendue, plus efficace et moins soupçonnée que celle des loges, car elle repose sur une identité de goûts, de besoins, d’habitudes, de dangers, d’apprentissage, de savoir, de trafic, de glossaire, et dans laquelle les membres mêmes qui souhaitent de ne pas se connaître aussitôt se reconnaissent à des signes naturels ou de convention, involontaires ou voulus, qui signalent un de ses semblables au mendiant dans le grand seigneur à qui il ferme la portière de sa voiture, au père dans le fiancé de sa fille, à celui qui avait voulu se guérir, se confesser, qui avait à se défendre, dans le médecin, dans le prêtre, dans l’avocat qu’il est allé trouver ; tous obligés à protéger leur secret, mais ayant leur part d’un secret des autres que le reste de l’humanité ne soupçonne pas et qui fait qu’à eux les romans d’aventure les plus invraisemblables semblent vrais, car dans cette vie romanesque, anachronique, l’ambassadeur est ami du forçat ; le prince, avec une certaine liberté d’allures que donne l’éducation aristocratique et qu’un petit bourgeois tremblant n’aurait pas, en sortant de chez la duchesse s’en va conférer avec l’apache ; partie réprouvée de la collectivité humaine, mais partie importante, soupçonnée là où elle n’est pas étalée, insolente, impunie là où elle n’est pas devinée ; comptant des adhérents partout, dans le peuple, dans l’armée, dans le temple, au bagne, sur le trône ; vivant enfin, du moins un grand nombre, dans l’intimité caressante et dangereuse avec les hommes de l’autre race, les provoquant, jouant avec eux à parler de son vice comme s’il n’était pas sien, jeu qui est rendu facile par l’aveuglement ou la fausseté des autres, jeu qui peut se prolonger des années jusqu’au jour du scandale où ces dompteurs sont dévorés ; jusque-là obligés de cacher leur vie, de détourner leurs regards d’où ils voudraient se fixer, de les fixer sur ce dont ils voudraient se détourner, de changer le genre de bien des adjectifs dans leur vocabulaire, contrainte sociale légère auprès de la contrainte intérieure que leur vice, ou ce qu’on nomme improprement ainsi, leur impose non plus à l’égard des autres mais d’eux-mêmes, et de façon qu’à eux-mêmes il ne leur paraisse pas un vice. "
 
27 août 2026

Le gang de la clef à molette

Le gang de la clef à molette / Edward Abbey,  trad. de l'américain Jacques Mailhos, ill. Crumb - Gallmeister (Totem), 2025 -   630 p. ;  12.90 €

 

"Autour d’un feu discret, les quatre compères comprirent qu’ils partageaient la même colère et le même amour pour ces terres sauvages. C’était là, entre ombre et braises, que naquit leur pacte : protéger la nature, quoi qu’il en coûte. "

 

"Révoltés de voir le somptueux désert de l’Ouest défiguré par les industriels, quatre insoumis décident d’entrer en lutte contre la “Machine”. Un vétéran du Vietnam accro à la bière et aux armes à feu, un chirurgien incendiaire entre deux âges, sa superbe maîtresse et un mormon nostalgique et polygame commencent à détruire ponts, routes et voies ferrées qui balafrent le désert. Armés de simples clefs à molette – et de quelques bâtons de dynamite –, ils doivent affronter les représentants de l’ordre et de la morale lancés à leur poursuite. Commence alors une longue traque dans le désert." ( 4ème de couv. (je cale un peu ;-) 

 

Excellent !!! Vaut vraiment le détour !! (même si un peu longuet parfois, vers la fin). Déclaration d'amour pour les grands espaces américains, roman visionnaire qui dénonce (dans les années 70) les dérives du capitalisme et qui prône la désobéissance civile face aux promoteurs de tout poil, humour aussi. C'est un bouquin qui annonce la contre-culture" (avec les défauts de son époque, machisme++, langage fleuri)

A lire !!! (un "classique" subversif)

 

"-Toute cette violence, tout de même, dit Doc. Nous sommes des honnêtes gens.
- Qu'y a-t-il de plus américain que la violence ? Demanda Hayduke. La violence, c'est aussi américain que la pizza." (...)

 

"Un homme seul, ça peut être assez con, mais si tu veux de la vraie bonne grosse connerie, y a rien de mieux que le travail en équipe." 

 

"Regarde-moi toutes ces bagnoles ... Regarde-moi tous ces types qui roulent sur leurs roues de caoutchouc dans leurs engins entropiques de deux tonnes, à polluer l'air qu'on respire, à violer la terre pour offrir un tour gratis à leurs gros culs d'Américains avachis. Six pour cent de la population mondiale engloutissent 40% du pétrole de la planète. Bande de porcs ! "

26 août 2026

Le médecin personnel du Roi

 

Le médecin personnel du Roi / Per Olov Enquist, trad. du suédois Marc de Gouvenain et Lena Grumbach - Actes Sud (Babel), 2002 368 p. ; 140 SEK

 

« Il y a un dicton qui dit qu’en France on demande : Est-ce un homme instruit ? En Allemagne : Vient-il d’une bonne famille ? En Hollande : A combien s’élève sa fortune ? Mais, au Danemark, la question est : Quel est son titre ? »

 

1770. Christian VII jeune roi du Danemark est marié à Caroline Mathilde, une jeune héritière de la famille royale anglaise. Mais Christian VII est malade, il souffre de graves troubles mentaux et ne peut guère diriger le royaume. Il s'ensuit des intrigues de cours, chacun voulant avoir les faveurs du Roi pour "diriger" le pays à sa place et c'est le Docteur Struensee (homme instruit et progressiste) que l'on avait mandaté pour soigner sa Majesté qui va conquérir la confiance de celui-ci.... et celle de sa femme la Reine.

Des intrigues de cour, l'influence des "Lumières" venues de France, des interdits, des tabous, des conspirations, tout y est dans ce formidable roman historique et captivant.

 

..."La réponse était qu'il regagnait ses appartements pour s'y masturber. Il ne voulait pas rendre visite à la reine. Il n'éprouvait à son égard que de la frayeur. Christian possédait de nombreux visages. L'un est éclairé par la frayeur, le désespoir et la haine. Un autre est penché, calme, au-dessus des lettres qu'il écrit à monsieur Voltaire, cet homme qui, selon ses propres déclarations, lui a appris à penser." 

 

J'ai beaucoup aimé ce roman qui tient en haleine et démontre les violences de toutes sortes dans ce milieu très fermé de la royauté et les conséquences pour le peuple. Je me suis régalée à cette lecture, d'autant plus car j'ai retrouvé une autre facette de la même histoire que dans le roman "l'horloger du Roi" que j'avais beaucoup aimé aussi . (voir sur mon blog).

A lire !!!!!

 

"Quand, en 1733, le servage avait été établi, il avait constitué pour la noblesse un moyen de contrôler, ou plus exactement d'empêcher la mobilité de la main d'oeuvre. Quand on était paysan et né sur un domaine, on n'avait pas le droit de quitter ce domaine avant l'âge de quarante ans. Les modalités, le salaire, les conditions de travail et de logement étaient fixés par le propriétaire du domaine. A quarante ans, on avait le droit de s'en aller. La réalité étant qu'à cet âge, la majeure partie des paysans étaient à tel point devenus passifs, profondément alcooliques, criblés de dettes et physiquement épuisés, qu'on ne comptait guère de départs.
C'était l'esclavage danois."

 
 
26 août 2026

La sagesse de la mer

La sagesse de la mer - Du cap de la Colère au Bout du monde / Bjorn Larsson, trad. du suédois Philippe Bouquet - Le Livre de poche, 2005 - 252 p. ; 113 SEK

 

"Longtemps, je n’ai rien possédé : ni voiture, ni poste de télévision, ni téléphone, ni meuble – rien que mon bateau et son équipement, ainsi qu’une dizaine de mètres linéaires de livres entreposés chez des amis. J’ai passé la plus grande partie de ces vingt dernières années à l’étranger, quatre en France, quinze au Danemark, une en Irlande et deux à voyager dans l’Atlantique nord. Pendant six ans, j’ai vécu de façon permanente à bord de mon voilier, le Rustica, et je pense que je n’ai jamais été aussi heureux, pour être honnête."

 

 

Récit donc d'un navigateur au long cours. Il a tout quitté pour naviguer à l'étranger avec des amis ou sa compagne principalement à bord du Rustica : France, Danemark, Irlande, Ecosse, Pays de Galles, Galice... Il raconte sa passion, cette vie "débarrassée" des problèmes de la vie, les rencontres, les bonheurs et les difficultés.

 

J'ai trouvé ce livre très intéressant et instructif pour une personne qui, comme moi, n'y connaît rien, ça fait rêver.. et je crois que des navigateurs et des navigatrices devraient y trouver bien d'autres plaisirs.

 

L'auteur est né en Suède en 1953, maître de conf en français à Lund, c'est là que j'ai acheté ce livre !

 

26 août 2026

Je suis drôle

 

Je suis drôle / David Foenkinos - Gallimard, 2026 - 180 p.   (offert par Corinne, merci !)

 

"En observant la vie de nombreux artistes, on pourrait se demander s'il existe un lien entre le chaos et le génie. ( ... ) Des désastres de l'enfance découlent une lumière étrange que l'on porte sur la vie. On écrit, on peint, on joue différemment. "

 

 

Après une petite enfance difficile, Gustave a été adopté par des parents aimants. Il a vite compris que pour être aimé, il faut faire rire. Un rien dépressif, doutant de lui, il est persuadé que son destin c'est donc de faire rire.

Jeune adulte, il tentera sa chance dans le stand-up sans grand succès puis un concours de circonstances lui permettra de réaliser son rêve.

 

Je ne me souviens plus trop de ce livre qui pour moi  a sûrement souffert de sa lecture après la Maison vide. Je n'ai pas vraiment souvenir que ce soit un livre drôle ? Il se lit vite et pour ma part, je n'ai pas vraiment réussi à croire au personnage ni à son parcours. Lecture agréable cependant. Ma soeur a beaucoup aimé et grâce à elle, j'ai eu une belle dédicace !

 

25 août 2026

La maison vide

 

La maison vide / Laurent Mauvignier - Les Editions de Minuit, 2025 - 743 p. 

 

Quels sont les évènements familiaux antérieurs à notre naissance qui nous constituent ? En quelle proportion sommes-nous pré-destinés à une vie en fonction de l'histoire familiale ?

A la mort de son père, l'auteur retourne dans la maison familiale et tente de retracer les évènements à partir de Firmin son arrière-grand-père et de sa femme. Cette histoire familiale raconte aussi les aléas du siècle passé en France.

 

 

J'ai trouvé des connotations "proustiennes" à ce texte très bien écrit, vivant, prenant, honnête, en bref, passionnant !

(Je n'insiste pas plus car tout a déjà été dit sur ce Prix Goncourt bien mérité et j'ai beaucoup de livres à présenter.)

 

A lire !!!! Je me suis régalée !

 

"En 1976, mon père a rouvert la maison qu’il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.
À l’intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d’honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.
Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d’elles.
Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J’ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre."

 

 

24 août 2026

Hors champ

 

Hors champ / Marie-Hélène Lafon - Buchet-Chastel, 2026 - 169 p. ; 19.90€     (bibli)

 

« Elle ne sait pas si tous les garçons deviennent comme ça, mais elle a compris, elle a vu que certains garçons, quand ils sont fils de paysans, ne choisissent pas, ne choisissent rien. »

 

Dans cette région reculée du Cantal, (la vallée de la Santoire), le fils, Gilles, doit reprendre la ferme à la suite du père, c'est comme ça. La soeur, Claire, n'est pas concernée et, bonne élève, part poursuivre ses études à Paris, devient enseignante et écrivaine.

 

"Et elle comprend que son frère et elle ne sont plus sur le même bateau. Son frère a été débarqué, elle s'en va, il reste dans la cuisine devant la télé et elle s'en va. Elle est partie. "

 

En quelques tableaux dressés d'une écriture dépouillée, concise et claire, l'autrice laisse parler tantôt le frère, tantôt la soeur, pour témoigner des difficultés de ce monde rural, le poids du silence et de l'héritage familial.

Récit à forte connotation autobiographique, sobre et percutant dans lequel l'autrice continue de creuser avec sobriété et talent, le sillon d'une certaine ruralité en voie de disparition.

 

Comme toujours, c'est une réussite. A lire !

 

Cet ouvrage fait partie de la sélection 2026 du Prix Louis Guilloux

 

 

 

 

 

 

 

21 août 2026

18

C'est le nombre de bouquins lus pendant mon absence... Je vais les présenter petit à petit mais certains seront juste évoqués !

Bonnes lectures !

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